Pierre-Alain Vandewalle est un de nos ‘anciens' « du bout du monde » : il vit au Venezuela.
Diplômé bachelier en Communication en 2002, son stage de 3e année l’avait mené dans ce pays peu pratiqué par les stagiaires qu’est le Venezuela ! « Thomas, un ami monteur, avait des contacts avec Teletambores, une TV communautaire au Venezuela. Comme l’approche de terrain de cette télévision me tentait, j’ai rentré une demande de stage … tout en entamant des cours d’Espagnol ! »
Le stage fut intense ! Tellement qu’une fois son diplôme en poche, il rentra un projet de Service Volontaire, subventionné par le BIJ, au sein de cette même TV communautaire. « C’était une manière de trouver un job dans le domaine de la télévision, alors que les perspectives d’emploi en Belgique n’étaient pas fort ouvertes. Et puis, je m’étais lié avec une Vénézuelienne qui est toujours ma compagne. On s’était rencontré en … Belgique, dans un colloque au NOVA consacré aux médias communautaires. Puis on s’est retrouvé pendant mon stage puisqu’elle travaillait à Teletambores. » De fil en aiguille et de projets télés en projets familiaux, deux enfants sont nés.
 Pierre-Alain a d’emblée été attiré par les « médias communautaires ». « Je suis retourné au Venezuela juste après la tentative avortée de coup d’état. Il était dans l’air de résister. La volonté est de faire fonctionner un média au niveau d’un quartier. Il y a une vraie prise en charge par la communauté locale qui fait vivre le média. Ainsi les Indiens, les pauvres, les Noirs, qui sont souvent décriés ou dénigrés par les télés commerciales, peuvent parler d’eux et recréer une identité propre. »
Pierre-Alain s’est beaucoup investi dans ces projets, devenant d’ailleurs directeur d’activités de la Fondation socioculturelle AUTANA. « On faisait du cinéma de quartier avec débat pour les enfants et les adultes et on développait des ateliers audiovisuels. C’était « rentable » car sur 20 personnes formées, une ou deux continuaient toujours à travailler pour les médias communautaires. » Aujourd’hui cette fondation veut lier davantage formation audiovisuelle et cinéma de quartier. « L’idée est de faire de la télé mobile ! » C’est-à-dire former des équipes qui produisent plusieurs reportages de 5 à 10 minutes. Compilés, ils sont alors projetés dans le quartier même. « Cela développe une critique de terrain vis-à-vis des médias dominants. »
Travailler pour les médias communautaires ne permet, hélas, pas de vivre, même décemment. Pierre-Alain a donc monté sa propre boîte de production. « Mais cela, c’est du classique, pour subsister, quoi. »
Continuer de créer des liens, c’était le but de son passage en Belgique. Et certainement pour donner le goût latino-américain à quelques bacheliers en Communication !
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