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Devenir de bons journalistes

Les étudiants en journalisme s'initient au lead avec Monsieur CharRenouveler parfois nos séances d’atelier, c’est possible ! C’est ce qu’est venu prouver, le mercredi 25 novembre 2009, Monsieur ANTOINE CHAR [1], journaliste et directeur de l’École des médias, qui appartient à la faculté de communication de l’Université du Québec à Montréal, l’UQAM. Il a d’abord animé les ateliers d’écriture journalistique en 2e baccalauréat en Communication sur base de son livre « Comme on fait son lead, on écrit [2] ». Il a ensuite donné une conférence en 1re baccalauréat en Communication sur le thème du livre « Deadline, America [3] » dont il est également l’auteur.

L’UQAM est une prestigieuse université publique en langue française située à Montréal dont le rayonnement est international et qui comptait cet automne quasi 40.000 étudiants regroupés dans 6 facultés. Devant chez Dandois« J’avais eu l’occasion de rencontrer Monsieur Char à Montréal lors de mon voyage de prospection au Canada en mai dernier, indique Chantal Blomart, coordinatrice mobilité de l’ISFSC. Il m’avait alors reçu fort aimablement à l’UQAM et une convention de collaboration entre nos deux institutions a été signée depuis. Ce partenariat est centré principalement sur la supervision de stagiaires et ouvre également la porte à tout type de collaboration pédagogique future. »
Les échanges de vues entre Monsieur Char et certains professeurs de la section communication ont porté sur de nombreux aspects de nos formations mutuelles, nos différences et ressemblances culturelles ainsi que sur nos possibilités de collaborations futures. Une agréable visite de la Grand-Place et du centre de Bruxelles a clos cette journée bien chargée et cette nouvelle collaboration prometteuse.
Chantal Blomart, coordinatrice mobilité.

[1] Antoine Char est professeur de journalisme à l’École des médias de l’UQAM depuis 1995. Successivement journaliste au quotidien Le Jour, à l’Agence France-Presse, à la Presse canadienne, à Inter Press Service et au Devoir, il écrit régulièrement dans des publications montréalaises, dont le journal Métro. Il est également l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La guerre mondiale de l’information, Comme on fait son lead on écrit, et coauteur des livres Communications en temps de crise, Le Devoir, reflet du Québec au XXe siècle et Communication : Horizon de pratiques et de recherche.

[2] Comme on fait son lead, on écrit Tchouang-tseu mit dix ans à dessiner le crabe que lui réclamait l’empereur. Quand la deadline (traduisez la ligne de la mort !) arriva, il prit son pinceau, le trempa dans l’encre (de Chine, bien sûr !) et d’un trait, d’un seul, dessina le plus beau des crustacés jamais vu dans l’Empire du Milieu. Cela se passait il y a longtemps, dans un monde où le plaisir de la lenteur était encore une vertu et où l’on prenait tout son temps pour contempler les fenêtres du ciel. Aujourd’hui, Tchouang-tseu serait « remercié » au nom de la « rationalité » économique. Et pourtant… Il y a dans l’attitude du peintre et philosophe chinois – qui insista toute sa vie sur la relativité de toute chose – un « syndrome de la page blanche », un « blanc magique » un « degré zéro d’écriture » que nous éprouvons tous à divers moments. Nous sommes tous des Tchouang-tseu dans nos lenteurs quotidiennes et notre civilisation du va-vite. Pour éviter de foncer tête baissée dans une communication parasitaire, il existe un outil journalistique à nul autre pareil : le lead. Certains l’appellent « amorce », d’autres « attaque »… Peu importe. Ce qui compte, c’est ce premier paragraphe magique qui fait qu’on nous lit ou non jusqu’à la fin. La réalité est multiple, plurielle, équivoque, ambiguë, et il est bon de s’accrocher (parfois !) à des certitudes. Le lead est notre unique certitude de bien réussir notre communication dans un monde taraudé par l’incertitude, qui ne sait plus où se trouve la réalité. Il nous permet de bien analyser une situation et de synthétiser n’importe quel problème. Il nous permet surtout de restituer le questionnement. Comme on fait son lead, on couche nos mots sur le papier : nous ne ferons que ça dans ce livre qui, s’il n’était pas pratique, concret, vivant, perdrait alors son pari de nous libérer des pesanteurs de l’écriture. La seule ambition de ce manuel se résume à cette petite phrase de Jules Renard : « Il y a les bons écrivains et les grands. Soyons les bons. »

[3] Deadline America Deadline America analyse comment dix journaux américains ont couvert un événement marquant entre 2000 et 2005, de l’exécution de Timothy McVeigh au procès de Michael Jackson, en passant par l’élection d’Arnold Schwarzenegger en Californie et la mort de Terri Schiavo en Floride. Dans ce document, Antoine Char nous fait pénétrer dans les salles de rédaction de dix grands et petits journaux des États-Unis, à l’heure où la Une s’apprête à tomber en marge d’autant d’événements historiques. Il nous fait aussi partager la vie d’un quotidien, au fil des réunions où naissent et meurent les choix des sujets et des manchettes qui font la Une, et nous fait découvrir les coulisses de la vie journalistique en laissant les artisans de l’information s’exprimer sur leur métier.

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